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Fouille à Pindai
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Découverte d'un foyer Lapita
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Fouille d'un four à Tongouin
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L'archéologie cékoi

L'archéologie, qu'est ce que c'est ?

Le mot « archéologie » vient du grec « arkhaiologia », formé à partir des mots « arkhaios » (ancien, qui a rapport aux origines) et « logos » (discours, science), qui signifie science des origines, de l’ancien, du passé. L’archéologie est donc une science humaine qui tente de reconstituer le passé en étudiant les traces matérielles ou vestiges, laissés par nos ancêtres.

Partage du patrimoine pour les citoyens calédoniens de demain

Dans le cadre du processus politique enclenché en 1988 par les Accords de Matignon, la compétence en matière de patrimoine a été confiée aux trois Provinces nouvellement mises en place, bien que la Nouvelle-Calédonie conserve la responsabilité d’un Musée territorial afin de maintenir une image unique sur le patrimoine ancien du pays. C’est dans cette structure du Musée qu’a été créé dès 1991 un Département Archéologie, ancêtre de l’IANCP. Celui-ci s’était fixé comme objectif, dès sa mise en place, de participer au partage des différents patrimoines qui ont contribué à la diversité culturelle spécifique au pays. Dans cette perspective ont été initiées dès 1993 des « classes patrimoine », ayant pour objectif de faire participer des élèves de collège à des fouilles archéologiques, sur une durée de 5 jours. Cette expérience a permis de confronter la jeunesse du pays, les « citoyens de demain », à son passé, à travers le contact direct avec des vestiges, qu’ils soient anciens (fouilles sur le site de Lapita à Koné, sur le site de Pindaï à Pouémbout, sur le site de Nouville à Nouméa) ou plus récents (fouilles sur les vestiges du bagne de Teremba, sur le premier temple de Najoisisi à Lifou).

Cette relation directe au passé matériel a engendré, dans ces classes multiethniques issues principalement de différents quartiers du grand-Nouméa, des réactions inattendues et très spontanées d’appropriation de l’histoire calédonienne, qui dépassaient les clivages culturels. C’est ainsi que, au cours de fouilles sur le site de Pindaï, occupé il y a environ 2000 ans, un jeune caldoche a expliqué aux archéologues du Département Archéologie que « ça, c’est mon histoire ». Un peu surpris, nous lui avons demandé d’expliciter son sentiment. Sa réponse a été simple : « c’est mon histoire, parce que je suis d’ici, je suis issu de cette terre ». Une réaction extraordinairement similaire nous a été exprimée quelque temps plus tard par deux jeunes filles de Lifou participant aux fouilles d’un bâtiment de l’ancien bagne de Teremba. Alors qu’elles dégageaient les dalles du sol de la salle principale en compagnie d’une fille d’origine asiatique et d’une caldoche, l’une a dit : « ces pierres, elles parlent de notre histoire, de l’histoire de nos vieux ». Les archéologues lui ont rappelé que les îles Loyauté n’avaient pas eu de bagne et que, au vu de leur généalogie, elle et sa copine n’avaient pas d’ancêtre bagnard. Mais l’autre fille a répondu : « non monsieur, c’est juste que ces pierres, elles sont dans le sol de Calédonie, elles font partie de l’histoire calédonienne, c’est notre histoire, parce qu’on est d’ici ». Cette réponse exprimait bien combien commençait à se forger un « partage » du passé, influencé par l’école et son enseignement de l’histoire calédonienne. Dans ce contexte, rien de plus normal que de voir d’autres jeunes kanaks, le soir à la veillée autour du feu, prendre la parole pour raconter, devant les autres élèves représentant le caléidoscope ethnico-culturel du pays, des contes et légendes kanakes, sans réserve, sans complexes. Avec la seule volonté de partager, chacun avec ses richesses, le sentiment d’être la « génération Matignon ».

Si de tels exemples sont encore bien trop peu nombreux pour représenter une tendance majeure, ils dessinent les contours d’un « vivre ensemble », chacun s’étant approprié une part de « l’autre ». L’école est le centre de cette dynamique en cours, pour peu que l’objectif défini soit mis en pratique réellement, par des acteurs éducatifs prêts à favoriser les « partages » entre les élèves. L’Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique a reçu comme mission de poursuivre cette sensibilisation des scolaires sur le riche patrimoine du pays calédonien, à travers des « classes patrimoine » et dans l’attente de la mise en place d’une cellule pédagogique, programmée pour 2012.