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Tertres de cases Haut Tchamba
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Tertres et zone horticole
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Tertres de cases Tipehene
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Les peintures murales et les pétroglyphes

dossier_3_photo_2Les pétroglyphes sont considérés par le public comme constituant un des mystères du patrimoine archéologique calédonien. Bien qu'aucune de ces gravures n'ait été datée directement à ce jour, leur étude permet d'identifier un certain nombre de caractéristiques. Certains motifs de pétroglyphes se retrouvent sur des tessons Lapita datés de 3000 ans. Il apparaît également qu'à partir du premier millénaire après J.C., la Grande Terre ait connu des périodes de tensions entre groupes, liées en partie à des conflits pour le contrôle des ensembles fonciers. Un des moyens de marquer au sol ses limites était de réaliser un bornage, en identifiant la famille propriétaire à travers des signes. Le développement d'une partie des pétroglyphes sur la Grande Terre peut s'expliquer par cette nécessité de définir les limites foncières. Ces limites ont varié au cours des siècles, les familles de propriétaires également, déplacées par les guerres, les alliances et les jeux politiques. De même, les motifs de pétroglyphes ont varié, tout en montrant des styles régionaux relativement différenciés. 40 ensembles de motifs différents ont ainsi pu être définis, les plus représentatifs et nombreux étant les spirales, les croix enveloppées, les ensembles de cercles concentriques, et les alignements de cupules. Certains de ces motifs ont également été incisés sur des poteries, d'autres dessinés sur des parois de grottes. Des milliers de pétroglyphes ont été gravés pour d'autres raisons que comme marque de bornage: concours, rite d'initiation, magie, souvenir, aide-mémoire, lieu d'échange, rite religieux etc. Les derniers pétroglyphes ont été gravés il y a moins d'un siècle, comme en a témoigné le pasteur M. Leenhardt. Cette tradition couvre donc l'ensemble de la chronologie culturelle océanienne de l'archipel.

Les abris et les grottes étaient également des lieux d'initiation ou de regroupement pour des rites. Certains sites de la Grande Terre comportent sur les parois des peintures, souvent associées à des gravures de pétroglyphes. Souvent difficiles d'accès, toute une partie de ces grottes ne sont connues que par les traditions orales. La situation est différente aux îles Loyauté, où de nombreux réseaux de failles et de grottes parcourent le sol corallien. Des peintures ou pochoirs anthropomorphes ou zoomorphes ont été identifiées sur certaines parois d'abris-sous-roche. Certaines failles permettaient de rejoindre la lentille d'eau douce, précieuse sur ces îles sans rivières. Elles étaient aménagées afin de permettre l'accès aux trous d'eau. La majorité des boyaux, qui peuvent s'étendre sur plusieurs kilomètres, ont été explorés à l'aide de simples torches en feuilles à la recherche d'eau ou pour des raisons plus difficiles à définir. Il a pu s'agir de concours, de rites d'initiation, de simples envies de découverte. Ces explorateurs téméraires, qui passaient des heures entières sous la terre, ont laissé la trace de leur passage, en gravant des dessins sur la roche, en imprimant leur main au pochoir et en balisant leur itinéraire de la cendre des feuilles brûlées.

Une de ces grottes occupe une place particulière dans les traditions orales de Lifou. Il s'agit d'une grotte de Wanaham, dans le district de Wetr, qui comporte deux salles complètement ornées de peintures et de gravures. La majorité des dessins est composée de mains en négatif de différentes couleurs, mais on observe également la présence de poissons et d'un oiseau. Les gravures représentent principalement des motifs d'étoiles et des motifs géométriques, associés à des figurations humaines stylisées. D'après les traditions orales, c'est de cette grotte que serait sorti le premier homme de Lifou.